Films

We are all tied to our destiny and there is no way we can liberate ourselves

Whatever you write about me, don't make it sad

-Rita Hayworth-

Les débuts
Extraits de l'ouvrage de Christian Dureau "Rita Hayworth""



En 1935, Rita Cansino tournait son 4eme film pour la Fox, devenue la 20th century Fox, puisque la fusion venait de se faire. Rita n’avait jamais rencontré Darryl Zanuck et avait d’ailleurs peu de chance d’y parvenir un jour. Lui-même ne connaissait la jeune actrice que de nom pour avoir eu sur son bureau le dossier de Rita avec son contrat. Il ne la trouvait pas particulièrement jolie et se demandait pour quelles raisons elle avait été engagée dans la société.

Mais le Vice président, Winfield Sheehan, croyait en elle, il déclara « Rita Cansino sait chanter, danse à merveille et réussi une performance que peu d’actrices auraient pu réaliser à sa place. Elle mérite de devenir une célébrité cinématographique… ».

Mais les critiques, ne firent même pas allusion à la présence de Rita dans Paddy O’Day, seules quelques lignes dans Variety, signées « Chic », remarquaient que Rita dansait à merveille, jouait aussi très bien et qu’il était plaisant de la voir à l’écran. Quant à Zanuck, il n’apprécia ni le film, ni Rita Cansino. Il lui reprochait entre autres de ne pas prendre suffisamment l’accent Russe qui devait être le sien dans ce film. Mais comme pour ses films précédents, Rita jouait le rôle d’une étrangère, difficile alors de prendre les accents Argentins, Egyptiens, Russes, surtout quand il fallait plus danser que parler…Difficile encore de prouver alors qu’on était une bonne comédienne Américaine.

Il fut convenu, grâce à Sheehan, que Rita jouerait la sœur de Barbara Stanwyck dans une future production, heureuse la jeune femme se mit à travailler son rôle…Hélas, elle appris rapidement que ce rôle ne lui serait pas confié. On lui promit ensuite le rôle de Ramona, premier film en technicolor, mais 15 jours plus tard, elle fut convoquée d’une part pour être informée que le rôle ne lui serait pas confié, mais qu’en plus son contrat avec la Fox prenait fin.

Pourtant Sheenan fit encore appel à elle, elle dit : « Je ne comprenais plus où j’en étais. D’un côté on me licenciait, d’un autre on faisait de nouveau appel à moi. J’acceptais, mais j’étais décidé à éclaircir définitivement ma situation…Malheureusement, Darryl Zanuck a refusé de me recevoir. Il n’avait pas le temps, me dit-il plus tard, de se trouver face à face avec moi et de m’expliquer sa décision. Naturellement je criais ma colère et ma déception, je hurlais même ; je voulais connaitre les gens qui avaient pris cette horrible décision et qui mettaient ainsi un terme à ma carrière naissante. J’étais déterminée à réussir et à connaitre le succés un jour ou l’autre, aussi, je ne comprenais pas que sur un coup de tête ou pour des motifs obscurs, on puisse me renvoyer brutalement»

Ce n’est que 5 ans plus tard que Rita fit la connaissance de Zanuck. « J’aurais aimé me venger du passé, mais le temps s’était écoulé et ce n’aurait été alors qu’un plaisir sans intérêt… »

Lorsque Rita rejoint la Columbia, elle y est accueillie avec méfiance et doit dès le début accepter les séries B dans lesquelles la cantonne Harry Cohn. Pour le film « Who Killed Gail Preston », on se met dans la tête de la faire ressembler à Heddy Lamarr, la jeune actrice la plus populaire durant l’année 1937, selon un sondage d’opinion réalisé dans divers magazines spécialisés. On la coiffe à l’identique et on y voit une légère ressemblance.

« Je n’ai fait aucune objection à cette époque, mais quelques années plus tard j’ai regretté mon acceptation. La personnalité d’Heddy et la mienne étaient totalement opposées et je n’avais aucune chance de devenir un jour une grande actrice si je continuais à me laisser manipuler par des producteurs ou des réalisateurs qui ne voyaient pas plus loin que le succés de leurs films »

En 1938, Rita Hayworth répondit à l’appel de George Cukor qui préparait le casting de « Holiday » et recherchait une jeune comédienne pour jouer le rôle d’une religieuse. Cukor avait été impressionné par la grâce de Rita. Devant le grand réalisateur, Rita Hayworth dut passer un petit bout d’essai au cours duquel, il lui suffisait de se mouvoir dans des vêtements religieux. Malheureusement Cukor lui déclara qu’elle était trop belle, trop sexy pour être crédible dans un tel rôle. Il confia ce rôle à Doris Nolan, mais promit à Rita de faire appel à elle à la première occasion, ce qui fut le cas en 1940.

De cette désillusion, Rita dira « J’avais même répété devant ma glace une grande scène au cours de laquelle je devais donner la réplique à Katharine Hepburn…je ne pouvais pourtant pas en vouloir à George Cukor, un homme très distingué et d’une grande classe. S’il m’avait refusé le rôle, c’est que je ne faisais effectivement l’affaire, je lui faisais confiance et j’ai eu raison, il me l’a bien rendu quelques années plus tard… ».

En 1939, Rita obtient le rôle de l’épouse très loquace, mais fidèle de Richard Barthelmess dans « Seuls les anges ont des ailes » ; Harry Cohn l’imposa à Howard Hawks qui ne la connaissait pas. Il la vit cependant dans quelques extraits de films précédents et n’hésita pas une seconde à lui confier ce court, mais important rôle d’épouse d’aviateur. Peu généreux en compliments, Howard Hawks déclara un jour en parlant de Rita Hayworth « Elle est merveilleuse ! » Le film est un succés, sa carrière lancée, Cary Grant regrettera de nombreuses années après, de ne pas avoir eu l’occasion de tourner avec Rita, devenue « Top-Star ».



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