Films

We are all tied to our destiny and there is no way we can liberate ourselves

Whatever you write about me, don't make it sad

-Rita Hayworth-











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Anecdotes: Mamoulian fit appel à toutes ses ressources pour améliorer la nouvelle version du roman de Blasco Ibanez. Il utilisa des effets de lumières afin de s'imprégner de l'ambiance des corridas. Avant le tournage il s'était adressé a de nombreux techniciens spécialisés d'une part dans le technicolor, d'autre part dans la tauromachie.

Concernant le rôle de Doña Sol, Zanuck pensa tout d'abord à Carole Landis. Cette dernière refusa, elle ne souhaitait pas se teindre en auburn ni interpréter un personnage antipathique et négatif. Zanuck et Mamoulian recherchaient une actrice à l'allure séductrice, digne d'incarner la beauté vénéneuse de Dona Sol. Le nom de Rita Hayworth vint alors tout naturellement à l'esprit de Zanuck, nom fortement soutenu par Mamoulian qui poussa Zanuck à la convoquer sur le champs. D'autres actrices furent auditionner, comme Maria Montez, pas moins d'une trentaine d'actrices dont les essais ne furent pas concluants. Zanuck mendia Rita Hayworth à Harry Cohn qui avait prété précedemment son actrice à la Warner et à la MGM. Dès lors Rita fut baptisée "Lady Loan out", puis "Lady Luck" portant chance aux studios qui l'embauchaient.

Le succès d'Arènes Sanglantes lance Rita Hayworth sur le plan International. Les couvertures des revues, des magazines et même les unes de quelques quotidiens lui sont consacrées; En quelques semaines son prestige envahit le monde et son visage lumineux est la grande révélation de cette fin d'année 1941.

Critiques: Blood and Sand est à la fois un film romanesque et dramatique, basé sur le roman d’Ibanez, déjà repris en 1922 dans un film du même nom ayant pour vedette Rudolph Valentino. Arenes sanglantes traite d’un sujet très etranger à la mentalité américaine qui trouve les corridas sanguinaires et cruelles. Le sujet était risqué mais la fox fait de sa production de 1941 un chef d’œuvre en technicolor avec un choix d’acteurs bien étudié. Le jeune Juan nous est d’abord présenté comme un jeune homme énergique, à la volonté d’acier, il veut suivre les traces de son père et quelque part venger sa mort en étant lui-même un torero accompli.


Dès le début du film, alors qu’ils sont encore enfants, Juan et Carmen sont déjà amoureux, ce qui amplifie la nature du drame à suivre. Le technicolor, les couleurs flamboyantes caractéristiques de l’Espagne, les décors soigneusement étudiés nous plongent littéralement au cœur de l’histoire. La sérénade « Romance d’amour », calquée sur la musique de « jeux interdits » est une vraie merveille. Elle marque les retrouvailles entre Juan et Carmen, la demande en mariage de Juan, Carmen émouvante lorsqu'elle essaye devant le miroir son voile de mariée sous les yeux émerveillé d’un jeune matador amoureux. Le reproche qui fut fait à Tyrone Power, fut que sa beauté initiale éclipsait partiellement ses talents d’acteurs, qui reprirent finalement le dessus au cours du film. Le cérémonial entourant la préparation du matador, l’approche de l’entrée dans l’arène, la présence de Carmen qui prie pour son mari révèlent une atmosphère inquiétante, la mort est présente…Lorsque Juan dit qu’il a le goût de la mort dans la bouche avant d’entrer dans l’arène ou encore lorsqu’on voit sa mère prier pour lui, tout cela plonge le spectateur dans l'arène.


C’est le moment, dans cette ambiance lourde où rôde la mort, que choisi Mamoulian pour faire apparaitre Doña Sol, alors que Juan est entrain de prier pour sa vie, il va croiser le regard de l’implacable séductrice, qui sera l'instigatrice de sa mort. Le moment est lourd de sens, elle entre dans un silence pesant dans un lieu de prière, Juan se tourne, l’aperçoit et l’espace de quelques minutes est hypnotisé par elle. Les gros plans ont alors toute leur importance, Doña Sol sourit sans le quitter des yeux, alors que Juan, le visage grave, détourne son regard. Relation encore entre Dona Sol et la mort, lorsque Curro le journaliste dit en la voyant « Ici c’est la mort l’après midi, elle c’est la mort le soir ». Gros plans également essentiels, lors de l’entrée dans l’arène, Juan la voit parmi des milliers de gens, on remarque son regard se figer, quant à elle, tout au long de la corrida le désir d’accaparer Juan est palpable, ses regards, son geste lorsqu’elle serre jalousement la « Montera » qu’il lui lance contre son cœur. Juan dédie le taureau « à la beauté des femmes d’Espagne », dès lors, la magie Doña Sol a fait son effet, Juan est pris au piège.


La séquence mémorable reste tout de même la « chorégraphie » de Dona Sol et de Juan mimant le matador et le taureau. Avec des gestes étudiés, la belle Dona Sol en matador apprivoise le taureau juan, qu’elle tue ensuite…C’est incontestable, la scène montre la dangereuse emprise de Dona Sol sur Juan. Elle l’envoûte, l’empêche ensuite de l’embrasser. La séduction est aussi à l’extreme, lorsqu’elle joue de la guitare en chantant « Verde Luna » dans une magnifique robe dessinée par Banton Travis, la mettant en valeur, une pure merveille. Ce rôle est pour Rita Hayworth la continuité de celui qu’elle avait obtenu dans « The Strawberry Blonde » auprès de James Cagney. Le rôle de séductrice vénéneuse, de tentatrice sans coeur, lui va à ravir, Zanuck qui voulait mettre en avant les couleurs du technicolor, souhaitait une très belle femme, à la chevelure auburn, aussi Rita était le portait type idéal. Ses attitudes altières, son allure nonchalante, son charme électrique font sensation et Mamoulian ne fut pas étonné lorsque plus tard, elle devint l’une des femmes fatales les plus populaires du cinéma.


Pris au piège des beaux yeux de Doña Sol, Juan délaisse son épouse et se met à mentir…Linda Darnell dans le rôle de Carmen est irremplaçable, elle joue la douce épouse délaissée à merveille, celle qui aime malgré tout Juan, le seul homme qu’elle ait connu. Le vice est poussé à l’extrême, lorsqu’elle va voir Dona Sol, « l’affrontement » des deux femmes, d’un côté la maitresse, de l’autre l’épouse, mais aussi affrontement de deux mondes opposés, la richesse et la pauvreté. La cruelle Dona Sol, embrasse Juan devant son épouse, ce qui provoque la séparation du couple, Carmen quitte Juan, mais ne cesse de l’aimer. La dernière partie du film symbolise le déclin de Juan, entre les mains de Dona Sol il n’est que marionnette, si bien qu’elle se lasse de son « jouet », scène marquée par la paso Doble qu’elle danse avec Manolo, le rival de Juan. Anthony Quinn joue l’ami d’enfance de Juan, qui l’a toujours jalousé et lui vole Dona Sol puis la vedette dans l’arène. A noter aussi la discrete présence de Alla Nazemova comme la mère de Juan, effrayée à l’idée que son fils meure dans l’arène. La musique d'Alfred Newman donne le ton et signe l'émotion du film. La fin est dramatique, Juan se rend compte qu’il aime Carmen, elle le pardonne, il décide d’arreter les corridas, hélas, il est déjà trop tard, le destin de Juan est écrit…Le film se termine sur une image marquante, le sang rouge sur le sable et les clameurs du public derrière.

S.Mesere

Pour plus d'informations sur Blood and Sand, vous pouvez consulter ma page détaillée, sur le site Cinema Classique Blood and Sand (Arênes Sanglantes)