Films

We are all tied to our destiny and there is no way we can liberate ourselves

Whatever you write about me, don't make it sad

-Rita Hayworth-




Anecdotes: Le tournage du film commença sans scénario définitif, ce dernier étant donné aux acteurs au jour le jour. Ce qui, dans d’autres cas, aurait pu être un handicap, n’a visiblement ici pas affecté le résultat, et c’est avec une précision implacable que Charles Vidor construit et dirige l’intrigue. Rita Hayworth qui était la vedette la plus célèbre de la Columbia tenait absolument à faire une entrée remarquée après sa brêve interruption faisant suite au mariage avec Orson Welles. Cohn avait voulu donc que ce film lui soit entièrement consacré. Il fut même d'actualité un court moment de prendre un acteur tel que Tyrone Power ou Clark Gable pour jouer le personnage de Johnny Farrel.

Au cours du tournage de nombreuses scènes se rajoutèrent, ainsi que de nouveaux dialogues. Quelques numéros musicaux furent conçus et mis en scène alors que le tournage était pratiquement terminé.Certaines parties du dialogues furent en partie modifiées alors que le film était déjà en boite. C'est dire que Gilda fut fait de petits bouts ajoutés les uns aux autres, un peu en dépit du bon sens, et que rien a priori ne pouvait en faire un succés...Pourtant la distribution du film rapporta, rien qu’aux Etats-Unis, 3 750 000 dollars et assura définitivement la célébrité de Rita Hayworth. Même si ce n'est pas son meilleur film, Gilda restera à jamais le plus célèbre et le plus important de la carrière de Rita Hayworth.

Cette dernière fut la véritable star du film et d'avoir joué à ses côtés propulsa Glenn Ford sur les devants de la scène.

Grâce à Gilda, Rita Hayworth et Glenn Ford formèrent l'un des couples idéaux du cinema Hollywoodien des années 40, ils renouvelerent l'expérience 4 fois supplémentaires.

Critique: Gilda, Gilda…C’est une légende, Rita Hayworth est un mythe a elle toute seule dans ce film. Glenn Ford a un jeu bien mené et Macready, avec ses airs mystérieux, s’accorde parfaitement au duo. Comment évoquer ce film sans parler du fameux Trio dans lequel Gilda, surgie de nulle part, s’est malignement infiltrée ? Trio à la base composé de Ballin Mundson, Johnny Farrel et de l’Amie (la fameuse canne qui se transforme en épée en quelques secondes). Gilda et Johnny se seraient connus par le passé et elle aurait épousé Ballin pour se venger de Johnny, qui l’a quittée. Cependant rien dans le film ne laisse deviner ce qui s’est réellement passé entre eux. Johnny compare même l’Amie à une femme, sous-entendu Gilda, affirmant à ce moment là, sa misogynie. Comme il se doit, Ballin mourra à la fin, victime de sa propre canne-épée manipulée par le fidèle Oncle Pio, soudain mué en justicier, mettant ainsi une ultime touche sanglante à ce superbe film ambigu et vénéneux.

Le thème du film tourne essentiellement autour d’un jeu amoureux entre un homme (Johnny) et une femme (Gilda), qui se haissent alors qu’ils s’aiment à en mourir. Le mot « haine » revient en permanence entre les deux protagonistes et Ballin attise la situation en proclamant qu’il puise sa force dans la haine, qui pour lui est un sentiment proche de l’amour. Mélange de sentiments poussés à l’extrême.

Le personnage de Gilda, il est controversé, il est difficile de la cerner (entre femme fatale et innocente victime). Le personnage libéré de Gilda qui rend fou Johnny, fait aussi de Rita Hayworth une grande actrice. La célébrissime scène du gant à la fin, marque les esprits à jamais, elle parvient le plus naturellement du monde à faire fantasmer des foules entières juste en enlevant un gant ! Tout est dans ses gestes et ses mouvements. Cette scène reste une des scènes les plus célèbres du cinema…Et ce talent, ce charisme inégalable que révèle Rita Hayworth, m’épate ! Relever les défis des rôles de sex symbol alors qu’elle était prude et timide, est un véritable talent que peu parviennent à avoir. Un de mes regrets, concernant « Gilda », c’est que malgré le fait que le film ait concouru à immortaliser Rita, il a aussi contribué à la rendre malheureuse, puisqu’elle n’a jamais pu se détacher de ce rôle, qui a grandement altéré sa vie privée. Vous connaissez tous la phrase qu’elle aurait dit un jour à Harry Cohn « Most men fell in love with Gilda …and wakened with me ».

S.Mesere

Pour plus d'informations sur Gilda, vous pouvez consulter ma page détaillée, sur le site Cinema Classique Gilda

Sur la fiche de "The lady from Shanghai", commentaire sur l'opposition des rôles Gilda et Elsa Bannister