Cliquez ici, si la page ne s'affiche pas correctement Anecdotes:La Dame de Shanghai est tiré du roman If I should die before I wake . Mais l'origine exacte du projet est depuis longtemps entouré de nombreuses affabulations. Il connut un avenir contrasté. Si le film fut, à sa sortie, un échec sur le plan commercial, il est en revanche devenu depuis un des grands classiques du cinéma, notamment du fait de la célèbre scène finale "aux miroirs", maintes fois imitée voire parodiée. Pour les besoins du film, Orson Welles modifia largement la coiffure de Rita Hayworth : celle-ci y porte pour la première fois des cheveux plus courts et en partie bouclés. Appréciant peu cette initiatitive unilatérale, alors que l'actrice était encore sous contrat avec la Columbia, Harry Cohn s'insurgea. Il accentua ensuite son contrôle sur le film, effectuant un montage selon son désir au détriment des vœux d'Orson Welles. Critique: La dame de Shanghai fait parti des incontournables d'Orson Welles. Le narrateur (Welles) annonce la couleur dès le départ avec cette phrase « J'aurais dû écouter ma raison. Mais après l'avoir vue une fois, une seule fois, je n'ai longtemps plus été en mesure de penser rationnellement ». En effet, dès que Michael O'Hara (Orson Welles) pauvre marin Irlandais, aperçoit l'envoûtante Elsa Bannister (Rita Hayworth), il tombe sous le charme et en même temps dans ses filets… En ce qui concerne l'histoire, dès le départ le personnage d'Elsa est bordé de mystère, on ne sait pas trop ce qu'elle fait seule dans la calèche en pleine nuit, au beau milieu de Central Park. Welles la présente comme une tentatrice fatale, il fait jouer les couleurs… Elle apparaît dans la nuit noire, resplendissante, vêtue de blanc, on ne voit qu'elle… Tout y est, regards, sourires, beauté perfide et captivante. Rapidement, Michael n'est pas en mesure de résister aux provocations d'Elsa et lorsqu'elle lui propose de la suivre dans le yacht de son mari, Arthur Bannister (Peter Sloane), il accepte juste pour la revoir. Tout au long du film Michael est obsédé par le charme d'Elsa, obsession accentuée par l'omni présence de sa beauté, tantôt en robe du soir, tantôt à demi nue ou courant à travers le quartier chinois de San Francisco, où elle s'aventure même à parler chinois… Mais sans le savoir il va être embarqué dans une histoire de meurtre. Leur passion commence sur le yacht, mais est rapidement surprise pas Grisby, l'associé de Bannister. Le personnage est alambiqué, confus, à la limite de la névrose… Il imagine et divague sur une éventuelle apocalypse atomique. Il propose de l'argent à Michael pour simuler son meurtre et tient à disparaître des grandes villes, « menacées » par cette soi-disant future apocalypse. Michael rédige une déclaration certifiant avoir tuer Grisby… Il espère que cet argent lui permettra de partir avec Elsa et de vivre heureux. Il semblerait que Welles ait voulu casser l'image de pin-up de son épouse mais aussi révéler une partie de sa biographie à travers la Dame de Shanghai. Il aurait montré l'échec de ne pas avoir su l'aider comme il lui avait promis... Dans l'histoire Michael sauve Elsa, comme Orson a sauvé Rita, Elsa est mariée avec un mari plus âgé qui la menace et enfin la scène finale, où il abandonne Elsa à la mort, signerait la fin de leur mariage.Au niveau des plans et prouesses techniques, Welles filme le désir entre Michael et Elsa, le malaise (gros plans sur les visages masculins dégoulinant de sueurs) et enfin le malheur sur la scène finale, (plans rapprochés sur les visages des époux qui s'entretuent). J'ai particulièrement aimé les plans sur le visage d'Elsa, l'expression mystérieuse qu'elle adopte et le regard qu'elle a, lorsque Michael découvre qui elle est vraiment. J'ai aimé les profils découpés dans l'ombre, avec les aquariums en arrière plan, scène se terminant par un baiser. Mais la célèbre séquence des miroirs, les reflets à l'infini, plus encore lorsque les miroirs se brisent et que les reflets se multiplient grâce aux débris de verres, est une des meilleures du film. Cette scène tout comme beaucoup de plans filmés par Welles dans ses films, symboliserait en fait l'image qu'il a de lui même, celle d'un être en proie à une constante lutte intérieure. Le film se termine par la mort d'Elsa, qui supplie Michael de ne pas la laisser mourir, alors qu'il la regarde froidement et la laisse sur cette phrase "J'ai toujours oublié ce qu'il me déplaisait avoir appris". Ce film signe le divorce de Welles, à la presse, il dira de Rita Hayworth "Peut-être vivrais-je si longtemps que je finirai par l'oublier". Rita Hayworth dira plus tard que la Dame de Shanghai a été un de ses meilleurs films, en effet, le personnage d'Elsa est très différent de ses rôles habituels et encore plus captivant. On peut dire que Welles a su faire d'une histoire médiocre un véritable chef d'oeuvre, qui figure aujourd'hui dans le best-of des films noirs. Rita Hayworth face à deux rôles clés de sa carrière: Elsa vs Gilda: Deux films noirs, mais dont le personnage féminin dénote totalement, faisant découvrir deux femmes très différentes. Dans "Lady from Shanghai", contrairement à "Gilda", Rita tient le rôle du portrait type d’une femme fatale. C'est-à-dire calculatrice, machiavélique, inaccessible et meutrière. Elle orchestre tout de A à Z et arrive à ses fins en beauté, trompant son monde, ne se donnant jamais, sans regrets…Une femme fatale est intelligente par principe. Dans Gilda, son rôle est plus aplani, plus modéré, elle n’est pas la femme fatale au sens strict du terme, car il y a une grande différence…Gilda est amoureuse et ne veut de mal à personne, elle recherche l’amour à travers la haine. Elle fait toutes ces extravagances dans le seul et unique but, d’attirer l’attention de Johnny. Il n’y a aucun coup tordu au final, Gilda est une femme enfant qui se protège sous une carapace de femme fatale et qui se dévoile lorsqu’elle abdique aux pieds de Johnny (Glenn Ford) ou encore lorsqu’elle confie son désarroi à l’oncle Pio à la fin du film. Elsa Bannister est une machiavélique meurtrière qui s’approprie le cœur d’un homme, Michael (Orson Welles). Et c’est là, que Rita Hayworth excelle, elle jongle avec ces rôles qui pourraient se confondre dans leur essence, mais qui sont si différents. D’un côté, elle simule la femme fatale, dévoile le côté femme enfant vulnérable, mais reste froide et impassible dans un autre rôle. Elle les mène l’un et l’autre de façon magistrale. Gilda évolue au fur et à mesure, apparait comme une femme assurée, permute en femme blessée et désespérée, se protégeant derrière sa haine et termine enfin, amoureuse et fragile. Il en va de même pour le personnage de Johnny, en évolution constante, c’est pour ça qu’ils sont complémentaires.. C’est ainsi que l’on apprécie Gilda, on ne reste pas superficiel sur un tel film, on creuse les personnages. De son côté, Rita Hayworth n'aura rien trouvé de fascinant au personnage de Gilda, elle-même fort étonnée du succès du film, contrairement au rôle d'Elsa Bannister, qu'elle considéra comme le meilleur de sa carrière S. Mesere Pour plus d'informations sur La dame de Shanghai, vous pouvez consulter ma page détaillée, sur le site Cinema Classique The Lady from Shanghai |








